L’apprentissage est un débat récurrent au sein de la société, comme en témoignent le nombre d’écoles alternatives, de rapports d’échecs scolaires[1]et de réformes de l’éducation nationale par chaque nouveau ministre[2]. C’est aussi un thème qui émerge des pratiques et des espaces de coworking[3]. En effet, le coworking est une question de communauté (co) et de travail (working) et cela inclut de l’apprentissage social. Et quand une communauté de travail décide d’apprendre ensemble sur le thème « Apprendre au bout de ma rue… en 2019 ! », on en tire un événement génial !! 

Photo 1: Apprendre au bout de ma rue en 2019 à Sceaux Smart (source : padlet[4])

Cet événement, le premier World Café de Sceaux Smart[5],  a eu lieu le 20 février de 18h à 20h dans l’espace de coworking, transformé en espace événementiel. L’espace était organisé en petits ilots de 5 à 6 personnes, pour faciliter l’intelligence collective. Le déroulé, minuté par les facilitatrices de talent qui nous ont offert cet événement, consistait en plusieurs temps : un témoignage inspirant de Marie Gervais, une des fondatrices de l’Ecole Dynamique[6](photo 2) qui est en phase de création d’une nouvelle école-tiers lieusur le plateau de Saclay, un temps de rencontre avec les membres de son ilot, une première question posée avec un temps de réflexion collectif de 15 minutes, puis un changement de table pour mixer les participants, une deuxième puis une troisième question avec également 15 minutes de réflexion et un changement de table, ensuite une mise en commun de chaque ilot pour désigner l’idée à retenir et à présenter au reste des participants. Enfin, chaque groupe présentait l’idée retenue à mettre en place à et pour Sceaux Smart. Et pour clore cette expérience collaborative, un buffet digne des aventures d’Astérix !

Photo 2: Premier étape : l’inspiration avec Marie Gervais

Une première piste de réflexion qui émerge à chaud

Tout d’abord, nous relevons les éléments qui ont favorisé le succès de cet événement. Succès que nous mesurons à la présence des inscrits (ce qui par expérience personnelle est rare lors d’un événement gratuit hébergé sur les plateformes type Eventbrite ou Weezevent car les inscrits ne prennent généralement pas le temps d’annuler leur inscription même s’ils ne viennent pas et des non-inscrits décident de venir à l’improviste) et aux émotions exprimées à chaud, comme celles des organisatrices se remerciant avec bienveillance : 

Que dire…whaou!!! Quelle soirée!!

C’était très réussi et la suite s’avère prometteuse. 

Les bonnes ondes de Sceaux Smart sont beaucoup pour quelque chose dans cette alliance très spéciale de légèreté, de bien-être et de dynamisme que j’ai ressentie hier.

C’est toujours un bonheur de papillonner du côté Sceaux Smart, c’est un lieu inspirant rempli de bonnes ondes propices aux belles rencontres, aussi merci aux fées de ce lieu.

On voyait presque les idées fuser au-dessus des têtes 🙂

Pourquoi choisir les retours des organisatrices ? Parce que l’un des points de réflexion est celui-ci : les facilitatrices sont toutes des indépendantes qui, à partir de Sceaux Smart, ont choisi de collaborer pour monter cet événement. Alors qu’elles auraient pu rester au stade de « on fait le même métier, on est en concurrence », elles ont choisi la collaboration et la gratuité pour plus de succès pour tous : elles chacune indépendamment, l’espace de coworking qui accueillait tout le monde, les participants qui ont été choyés toute la soirée.

Autre preuve du succès : la production en temps réel. Rien de mieux que de mixer liberté et contrainte pour stimuler la réflexion (photo 3). Ces techniques de facilitateur sont également très inspirantes pour les enseignants lors du travail en petits groupes avec des élèves et étudiants.

Photo 3: Frugalité du matériel pour une grande richesse de résultats !

La richesse est aussi venue des participants. Qu’ils soient adolescents ou retraités, parents ou voisins, en formation professionnelle ou professionnels de la formation, la diversité des profils a fait la richesse des échanges autant que les facilitatrices ont chacune apporter leur savoir-faire. Les règles du jeu établies dès le départ – parler avec bienveillance, laisser parler, écouter, encourager, choisir son rôle, etc. – ont permis à tous de donner et de recevoir du collectif. Certains repartent avec des techniques de brainstorming à mettre en œuvre pour leur prochaine réunion d’équipe, d’autres avec une méthodologie pour préparer leur prochain exposé d’histoire et d’autres encore avec le sentiment de retrouver du sens quand ils réalisent qu’ils peuvent continuer de transmettre et partager en étant à la retraite. 

Pour réunir un soir de semaine autant de participants avec des profils aussi variés, il a fallu là encore des outils pertinents et efficaces comme la communication en ligne bien sûr mais aussi tous les outils qui s’appuient sur la communauté : le bouche-à-oreille, la curiosité du voisinage, la mise en commun des réseaux de chacun et même de venir avec son enfant ! Car tous sont les bienvenus ! Vous pouvez retrouver le communiqué de presse sur le blog[7]de Sceaux Smart.  

Photo 4: Question 3 que suis-je prêt(e) à faire pour apprendre et transmettre au bout de ma rue ?

Ainsi, l’apprentissage, ce n’est pas qu’acquérir des connaissances. C’est aussi apprendre à connaître l’autre, apprendre à comprendre l’autre, apprendre à l’écouter, apprendre à être bienveillant, apprendre de son expérience, apprendre de l’ancien et du jeune, apprendre à apprendre et apprendre à transmettre, apprendre à donner sans recevoir immédiatement. Et finalement, l’espace de coworking est peut-être le lieu fait pour ! Que ce soit pour un événement ou pour travailler régulièrement, pour une heure ou pour un an, aller au bout de sa rue c’est aussi rencontrer ses voisins, parler d’humain à humain sans lien de subordination ou du sang. Et si l’apprentissage au coin de la rue était aussi et surtout l’apprentissage du vivre ensemble ?

Le pro-action café du 17/04/2019 et le lancement de l’association « apprendre au bout de ma rue » par Caroline GERBER permettra de voir jusqu’où nous pouvons aller dans les nouveaux formats d’apprentissages. 

Photo 5: les facilitatrices (et moi)


Merci à Marine Dagorn pour sa relecture approfondie et ses conseils de synthétisation et de clarification du propos. Merci à Valérie et Sévérine pour m’avoir permis de participer, d’être partenaire avec RGCS, d’apprendre ensemble les unes des autres et merci 


[1]http://www.lab-afev.org/refusechecscolaire/

[2]https://www.lejdd.fr/Societe/Education/education-retour-sur-15-ans-dune-reforme-permanente-3354935

[3](Livre blanc RGCS, 2016)

[4]https://fr.padlet.com/sceauxsmart1/Apprendre2019

[5]http://www.sceauxsmart.com/

[6]https://twitter.com/EcoleDynamique

[7]http://www.sceauxsmart.com/apprendre-en-2019-au-bout-de-ma-rue/